dimanche 26 décembre 2010

Ça sent le sapin...


J’aime bien cette histoire, des gamins ashkénazes de New York qui vont chez FAO’s Schwartz pour Hanoukka avec l’équivalent d’un talent d’argent, pour s’acheter des Transformers. Souvenir de l’époque où on filait aux enfants une pièce en argent comme présent, symboliquement intéressant. Les parents reconnaissant enfin qu’ils ne connaissent pas leur progéniture ? La flemme ? La fascination du métal précieux ? Ou bien un signe de confiance adressé au rejeton, d’un embryon de responsabilité dans ces jeunes méninges ? L’interprétation traditionnelle est d’avantage porteuse d’espoir en la race humaine, bien qu’un peu guet apens : la charité ! On offrait une pièce aux enfants pour qu’ils la donnent ensuite à la collecte (tsedaka pour les initiés), damn…


Si chez les goys, le cadeau de noël est une évolution consumériste d’une tradition consistant à offrir des bûches de bois aux enfants (influence anté Lynchéenne) parce que, raison pratique, ça caille, je me suis rendu compte ce matin, en ouvrant mes paquets, en bonne hérétique que je suis, que je n’ai aucune idée de l’origine de cadeaux de Hanoukka. Parce le lien entre une fiole d’huile qui dure 8 jours ( gg ) et « mes parents m’ont offert ces supers anneaux en or blanc pour mon hanoukka » (j’épouse celui qui identifie la référence, je vous aide, c’est cinématographique et rousse) me paraît distendu, un peu. Et bien sur, les joies du Noël en station sans wifi : recherches sur un smart phone - mais esprit de Noël maousse, retenu de tous les matri/fratri/patri-cide, huîtres pour tout le monde, c’est ma tournée ! Mon judaïsme suinte l’iode. « Dreidel dreidel » chantonna-t-elle.


Donc donc donc, une tranche de Panneton dans une main et une page web dans l’autre, voilà ce que nous dit Holly wiki : le calquage sur les goys pour éviter une rébellions de progénitures… Réaliser que la substance de cet article est en fait inexistante. Se faire la réflexion que c’est un vice de formation du contrat. Reprendre du Panneton pour oublier ce à quoi on vient de songer. Apprendre en levant un sourcil que nos amis judéo-américains font des « crèches » avec les personnages de Hanoukka, les Maccabées (ai toujours trouvé ça drôle, non ?). Je ne vais pas m’offusquer, étant plus proche de la vision de Woody Allen sur le sujet que de celle d’un Rabbi, mais quand même… C'est encore la faute de Seth Cohen. Reprendre du Panneton pour oublier, penser au départ à Londres demain. Damn, je veux aller dans un aquarium.


on écoute: The Soho Dolls - Pleasures of Soho

jeudi 23 décembre 2010

Reste à définir ping pong


« Je ne ferais rien, je vais juste attendre que ça passe, parce que je m’en tape, que tout cela m’indiffère. Ils se sentent tous très concernés, préoccupations vulgaires d’esprits mal dégrossis par une trop grande ingestion d’huile de palme durant l’enfance, cherche pas, les petits écoliers veulent ta peau. Ce que je veux pour Noël ? Une hache. Pour faire un remake de Shining sur ta jolie tête. »


Tu vois cet espèce de sentiment bizarre et très, vraiment très pourri qui fait que tu ne fais rien, absolument rien, rien des heures durant, parce que si tu entreprends quelque chose, quoi que ce soit, tu pourrais te planter. Voila, c'est ma névrose #1 du jour. C'est une chose de se foirer en n’ayant rien fait pour réussir, parce que tu sais à qui t’en prendre: le facteur extérieur. Il apporte toujours des arguments suffisants dans leur mauvaise foi pour tenir tout l’apéro à pester contre ce connard de facteurs extérieur, qui exonère mécaniquement de toute responsabilité. Comme un ardoise magique.


Alors que, dans l’hypothèse où tu t’es donné du mal pour y arriver, où tu as donné tout ce que tu avais, comme dans un bon drama américain dans lequel à “Coeur pur tout est accordé” - séquence émotion de la petite grosse qui gagne un beauty pageant parce qu’elle est vachement sympa, ou comment créer des bataillons d’individus mûrs pour participer à Made, puis dans un second temps, rendre prospère l’industrie pharmaceutique du pays- , si tu as bossé dur, aussi dur que tu le pouvais et que tu te ramasses, cela revient à faire apparaître une limite en un point du domaine des possibles. Et paf le chien. On parlera de Durkheim un autre jour mais l’idée est là.


La vilaine société, la vilaine éducation de papa maman qui en veulent pour toi, la vilaine ambition et l’hideuse peur de l’échec qui se mute en la vicieuse flemme. Silence ma tête, suffit ce bourdonnement, assez mon ventre, mes mains, ma nuque. ”Je vous emmerde et je rentre à ma maison” , en mieux formulé mais dans cet esprit. Essayons maintenant de dégager de grands facteurs déclenchant, histoire de se chatouiller le lobe frontal tellement on se met le doigt dans l’oeil (j’ai des connaissances en anatomie extrêmement rudimentaires) en croyant qu’on va pouvoir trouver des solutions. Déjà la substance, le but visé. Puis l’éventuelle motivation qui s’y rattache. Un hypothétique corollaire aussi . Non en fait, je n’ai aucune idée de quoi je parle là. Je n’ai qu’un seul remède qui passe par m’enfermer chez moi, lire, et dormir et faire la fête, tard. Et peut être ensuite, trouver une forme de grâce dans le concret , du sublime dans le vulgaire, c’est donc cela apprendre à flotter. Et se rappeler suffisamment souvent que l’ambition bouffe la flemme. Ça et l’urgence.


on écoute: Party Monster - money, success, fame, glamour

12 millions d'amis...

...perdus dans le Blizzard

Toi l’internaute, tu vois comme moi une notable, incommensurable, ma foi fort palpable, bref grosse recrudescence de la hype du geek, et ce depuis plusieurs années. Tout allait bien jusqu’à la sortie de la version film de Scott Pilgrim, là je crois bien qu’on a attend un non retour en terme de pallier de la loose : je ne veux même plus me marier avec Micheal Cera, je me suis souvenu qu’il était pas sexy. Mais qui dit vacances de Noël dit compulsage de films préférés, de facto de Nick and Norah’s Infinite Playlist, je vais peut être revoir mes positions d’ici le Shabbat de Noël ( c’est le moment de revoir la vidéo de Chrismukkah !) Nous nous égarons… Parlons beaucoup, parlons mal, laissez moi vous expliquer pourquoi je ne suis pas une geek.



Phrase entendue de la bouche d’une maman quelconque : « mais bien sur que je sais envoyer des textos, je suis un peu une geekette. » Alors déjà, non. Mais non, le stéréotype bourgeoise de province désœuvrée, qui va chercher Victoria à la Danse et Barnabé au judo, avec ses faux ongles en gel ( « JA-MAIS je ne louperais mon rendez vous de comblement, tu sais combien de temps il faut pour en retrouver un ? ») habillée tout en Burberry (pas en Posrum, en Burberry, de préférence la ligne plastique à savoir bottes de pluie et imper en vinyle) qui envoie un « OK » au texto de infonespresso, non, cette méta ancienne pauvre n’est pas geek. Non.



Et en ce qui me concerne, commençons par une affirmation polémique : je ne sais pas me servir d’un ordinateur, la preuve j’ai un mac. Voilà (pas taper…). De même mon smart phone : un Iphone 4 soit la machine la plus simple à utiliser depuis la voiture de Oui Oui. Je pense avoir plus lutter pour trouver toutes les fonctions cachées de certains Polly Pockets que pour apprendre à me servir de mon bel objet de design made by Apple mais quand même made in China. Autre fait marquant, si par marquant on peut vouloir dire triste, je me suis glorifié pendant 2 jours d’avoir installé VLC toute seule, et merde je suis vachement fière. Bien qu’ayant à mon actif deux publications sur Fuck Yeah Geek Girls, je ne reste que modérément au fait des choses de la technologie. Disons que je suis plus Penny que Sheldon, plus HeadBow que WOW, plus Sofia Coppola que Battlestar Galactica, plus Bret Easton Ellis que Star Trek Atlantis et que mes méthodes de hackage se rapprochent de celle de Machete (i <3> April) Se relire et réaliser une fois de plus qu’on est un sacré cliché.



Mais tout cela n’est qu’affirmations, tentons de démontrer voir même de prendre position. Que dit HollyWiki : « Le terme geek est un anglicisme désignant une personne passionnée, parfois de manière intense, par un domaine précis. Il s’emploie entre autres dans le domaine de l’informatique ainsi que dans celui de la science fiction ». Or, à moins de faire rentrer le vernis à ongles, Daisy Lowe ou tout animal tentaculaire dans les sus mentionnées catégories…. On a les préoccupations qu’on mérite, nous en convenons. Je crois donc pouvoir affirmer que dans une définition qui serait celle d’un individu un minimum puriste quant au concept, je ne suis pas une geek. Viens maintenant le moment délicat de rappeler que malgré le formidable boulot des agences de com, le geek n’est pas à l’origine doté d’un sex appeal évident. La hype profite aux gamers, aux cosplays et à la pizza froide sur la souris Razer. Toujours pas persuadée que ça rentre au Baron…

mardi 21 décembre 2010

De l'allégorie du taureau mécanique



Le hasard n’a rien à voir, c’est une phrase des Zombinies, parce que c’est toujours bien de commencer par un peu de culture élitiste. Le hasard donc, je n’y crois pas ou peu : pas de hasard quand tu lances un dès, il y a un algorithme derrière et pour le reste, entre les actes manqués et les moments où on se ment tout seul… Et puis le destin, je ne sais pas vraiment pourquoi, surement j’y crois parce que c’est rassurant de songer que le chemin est pré tracé, ça enlève une part de responsabilité dans les foirages. La Torah a une grosse position de planqué sur la question : notre destinée est toute tracée, mais on peut quand même la modifier, forcer le destin, un leitmotiv qui se résume à « aide toi, le ciel t’aidera, mais si tu ne t’aide pas, il y a déjà une travée qui a été faite pour toi par Hakadoch Barouhou qu’il est très puissant ». C’est une position grise en quelque sorte.


« Il existe des mensonges blancs, ce sont de petits mensonges sans importance, puis des mensonges noirs, et toute une palette de gris entre les deux». Ça laisse une marge de manœuvre appréciable. Faire moduler la teinte en fonction du talent, de l’envie et du caprice. Et du manque, de l’urgence et du très nécessaire. On s’éloigne du sujet, je crois que j’ai un monkey brain, ça veut dire que ta pensée saute de branche en branche inopinément, le concept existe vraiment, il reste des gens drôles parmi nous.


Si tu dis destin, tu peux appréhender un chouette coté tout brillant et lumineux, car « tel est ma destinée » en Technicolor avec le son THX. Et si tu as lu Cocteau, tu peux aussi y voir la machine infernal et implacable (aka le taureau mécanique, haaaaaan, il veut dire quelque chose ce titre en fait) du destin qui te broie les membres sans ménagement, et ce quoi que tu fasse pour t’en sortir. Tu peux te cacher, fuir comme le mec qui a un , je cite "droit naturel", face à un espèce de gros monstre marin devenu un pokémon entre temps, qui veut légitimement le pendre la tête en bas et lui faire des trucs pas cool parce qu’il a fait une vilaine bêtise, tu sera toujours rattrapé par la machine infernale. Là c’est le coté un peu bad trippant.


Certes, je peux bien le dire, en rougissant c'est certain, j'aimerais être un peu plus mystique parfois. Parce que ça apporte des réponses à ce qui ne tient pas, ce qui n'a pas de logique, pas de ressort, pas de cohérence. Le diable en peluche qui sort de la boite et qui fait sursauter. "Mais d'où ça sort ça encore..." Un événement tellement inattendu et grotesque que tu en oublie même de te méfier, "la seule divinité raisonnable, je veux dire le hasard." ( ce n'est plus les zombinies). C'est peut être là qu'il faut être déraisonnable, quand parfois, il y a un évènement qui résonne dans ton ventre, (faut il faire confiance à l’intuition ou est ce que c’est juste un désir très fort ?), qui te dit que tu risque d’y laisser des plumes et que tu va droit dans un mur. Le destin alors ? non, quand même pas, faut pas déconner, le hasard peut être pour une fois.


on écoute: Devil in a new dress - Kanye West