samedi 29 janvier 2011

Mange, prie et pénalise


C’est marrant comme parfois, le monde s’arrête de tourner. Le temps se suspend quelques jours, quelques semaines. « Marrant », le terme ne me plait pas, il ne veut rien dire. C’est juste un mot fourre tout, j’insiste sur cette dimension. Il paraitrait que la vie, c’est ce qui se passe quand on est en train de faire autre chose, type attendre l’ascenseur. Est ce que la vie des autres, c’est ce qui se passe quand tu es à la bibliothèque toute la semaine à compulser des pages de cours ? Je ne vais pas chouiner, geindre, faire étalage de ma souffrance, ce n’est pas le cas, en fait j’aime assez cette bulle. Juste pas trop longtemps.

La raison est toute simple : ça réduit le champ de ce qui est important à une pile de polys. Et c’est aussi le genre de période où ce grand vide, et de facto ce grand espace de méninges disponibles permet de réévaluer certaines attentes, certains désirs, certains points d’attaches. Certaines choses se clarifient ces jours ci, se confirment plutôt. C’est peut être juste une tempête (tropicale) dans un verre d’eau, mais ça précise certains ressentis. Le temps suspend son cours et la neutralité de tout évènement extérieur laisse champs libre.


on écoute: j'ai vu Somewhere la semaine dernière

vendredi 21 janvier 2011

Du bain moussant, de la sidérante flemme et des troubles de l'attention



C’est une question de support. Non en fait, on s’en cogne du support, je méprise les formalistes. Surement parce qu’ils savent faire des choses qui me dépassent. Les gens qui ont une super calligraphie, les filles qui savent se faire des super chignon, avec les épingles tout ça… Je fus une recluse du club pourtant très ouvert des petites filles qui font des crocodiles en perles. Tu me diras, qu’importe, j’aime bien aller chez le coiffeur, et les croco chez moi, c’est seulement en orange et en Birkin (tête à claques). C’est une affirmation timide, voir de très mauvaise foi, que la forme est une excuse pour faire du creux, un cache misère charmant, de la poudre aux yeux pailletée.

La joliesse s’atteint par le support, jusque là tout est clair -Oh la belle succession d’affirmations qui ne sortent de nulle part mais la joliesse, je laisse ça aux paresseux, aux jouisseurs empressés et aux bonheurs trop évidents. Concentrons nous sur ce qui satisfait plutôt que ce qui contente. Toujours cette obsession de la réussite par l’effort, je m’auto gave parfois, souvent. Prenons un exemple, monsieur Bergson est un mec plutôt brillant, qui estime que « l’inspiration est un état d’âme musical ». Et bien je ne veux pas partager mes playlists avec monsieur Bergson, ça à l’air assez effrayant. Parce que, bien entendu, je ne suis pas écrivain, j’y travaille, ça viendra peut être, mais on en est encore loin, cependant, je pense pouvoir affirmer que les moments où les mots sortent tout seuls sont plus proches d’un état nerveux et fébrile que clair et légers. « L’inspiration est un état d’âme violent et exigent » dixit moi même. On développera un autre jour, je veux dormir.


on écoute: Florrie - Left too late

lundi 17 janvier 2011

King, queens, heroes and prostitutes.And lobsters.


"Dormir est une activité surfaite. Et je dis ça alors que je suis une vraie marmotte pourtant. Dormir, c'est laisser une soupape aux méninges, pour empêcher la surchauffe. Le soucis est qu'on laisse alors la place de s'expanser à tout ce qu'on comprime dans un petit coin de tête, bien reculé et peu accessible. Dormir, c'est perde une sorte de foi construite très artificiellement pendant les phases d'éveil, « non je ne suis pas entrainé vers le fond par une grosse enclume comme un traitre dans la mafia russe », peut être un peu en fait. L'insomnie est une manifestation de l'instinct de survie.

Les simples disent que ça rend la veille supportable, ils doivent confondre avec l'alcool, le sexe et les peep toes.


je ne suis qu'une petite chose post moderne."




jeudi 6 janvier 2011

Introducing Alice


« Son café était trop chaud, elle passait la cuillère sur ses lèvres en attendant, le garçon en face d’elle émit un petit gloussement et fit une allusion trop facile à une fellation. Elle leva un sourcil en questionnant l’opportunité de répondre quelque chose de vraiment abrupte. »


J’ai entendu un truc aujourd’hui, ça m’a percuté comme un train. J’étais un peu sonné et j’ai passé le reste de la journée à y penser. Ça ne m’était même pas destiné, une fille dans le bus qui parlait au téléphone. C’était tellement simple, un phrase parfaite, sujet, verbe complément. L’impression si peu familière d’entendre quelque chose de vrai. La fille au téléphone était énervée, c’était un reproche, sur le ton qu’on utilise pour un ami, pour lui dire qu’il se plante totalement mais qu’on ne le juge pas, pour l’attraper juste sous les épaules et le remettre debout. Mon dieu quelle claque.


La fille était assise au fond, juste derrière moi, je me suis retourné pour la regarder, et je n’ai vu que des angles : commissure des lèvres, coins des yeux, mâchoires, aucune impression générale du visage, seulement quelques fragments aigus, et puis ses ongles sur son téléphone, le jeu nerveux de ses doigts. Puis c’était mon arrêt et je me suis levé. Pas envi de rester dans le bus à l’écouter, elle aurait pu dire autre chose de vrai, et je ne sais pas si j’aurais pu encaisser cette fois. Debout donc, sur le trottoir, complétement absorbée. C’est tellement clair que ça n’a aucun sens. Et finalement, peut être que c’est de l’accepter qui fait de nous des héros.


Dévions une petite seconde sur mon obsession la plus récente, Orphée, fils d’un roi et de Calliope, muse de l’éloquence, ma muse, celle des silences. Après, on peut être d’accord ou pas, mais des dizaines de pages web que j’ai lu sur le sujet, le jeune homme est un Aède (Francis Lalanne avec plus la classe) certes, mais dans une approche plus, disons Bowiesque, Orphée peut être vu comme la figure du héro, mais du héro qui doute et c’est pour ça qu’il va se planter. Après, il y a toute une histoire avec un porc ravageur de cité, nous en reparlerons à l’occasion. Orphée donc, héro qui n’est en fait qu’un homme, parce qu’il flippe assez méchamment, et qui finit déchiqueté parce qu’il bad tout le temps et que ça saoule grave les Bacchantes ( des filles échevelées et à moitié nues poussant des cris discordants, toutes ressemblances avec des groupes d’individus existants est pure coïncidence).


« Tu dois l’aimer pour ce qu’il est, pas pour ce qu’il pourrait être, c’est une guerre perdue d’avance ». Ou comment tuer son article après avoir fait planer le doute pendant trois paragraphes, oui, préoccupations de minette. Je ne donnerais pas mon avis, principalement parce que je ne l’ai pas encore bien cerné. Parce qu’écrire au milieu d’une fosse pleine de lampes et de livres n’aide pas. Et parce qu’il n’y a pas d’anesthésie, il n’y a que de la contemplation, ce n’est pas Eros et Thanatos, c’est l’apollinien et le dionysiaque, relis La mort à Venise, tu va comprendre. De la contemplation comme négation de l’action, négation de la vie, l’inverse de la frénésie conduisant au même résultat : « ça sent le sapin ». C’est tout ce que j’en pense pour l’instant. Et maintenant je veux dormir.


on écoute : Mr. Little Jeans - Rescue Song (RAC Remix)