dimanche 27 février 2011

Et pendant ce temps là, en Libye...


Longtemps je me suis couché tard, vraiment tard. Il me semble pertinent de débuter par une phrase trop facile, afin de niveler vers le bas les attentes de l’audience. Il paraîtrait que c’est la plus belle phrase de la littérature, que la simplicité est le seul moyen de faire sens, afin de ne pas le noyer sous un flot de périphrases douteuses. Je serais donc mauvaise à jamais. Voilà de quoi finir de couler les reliquats d’attentes. Non que toi, l’internaute, risque ainsi d’être plus à même d’apprécier, juste moins enclin à –ne disons pas mépriser, ça implique trop d’engagement- n’en avoir rien à foutre.

Une idée m’a percutée comme un train ce matin, j’avais au moins 300 mètres à faire dans le quartier chaud où je réside (St Germain représente), et me voilà prise dans une foule de Français avec des polos, et des pulls négligemment jetés sur leurs berrichonnes/vendéennes/pictocharentaises épaules (merci wiki), bousculée par de jeunes enfants à prénoms doubles, élevés à la Comtesse de Ségur et sapés chez Bonpoint (parce qu’on est pas des quand même). L’inspiration spontanée eut été de scander une maxime pleine de revendications type « COUS-COUS-POUR-TOUS », ou bien de répondre à la 23ème Marie Clothilde de moins de 9 ans, qui s’excusait de m’avoir marché sur le pied au subjonctif de l’imparfait une phrase toute en sagesse et en tolérance comme « pas de tarchiche entre nous ». Mais non, en lieu et place de résurgences africaines, en repart à ce flot de 6ème arrondissement qui sort de la messe, je fis un rapide comparatif du lifestyle de cette faune, avec mon existence de petite wannabe branchée parisienne provinciale.

Je ne suis peut être pas le meilleur sujet pour cette étude, mais je me limite pour l’instant à écrire sur ce que je connais afin d’éviter les mécompréhensions trop grossières. En bref, mes études (principalement mes études), un cercle d’amis un peu étranges, d’occasionnels fiancés présentant un intérêt variable, le tout émaillé de « wouuuuu, grosse soirée au « club quelconque », tu viens ? », de « l’expo à la fondation Cartier en ce moment, elle est plutôt gaulée, tu DOIS y aller » et de « ils se touchent grave cher The Kooples cette saison ou bien c’est l’acryliques qui est devenu une espèce protégée ? », voir de « ah bon je t’ai appelé la nuit dernière ? Aucun souvenir de ça, ce fut une période d’alcoolémie exceptionnellement prolongée » et assez souvent de « discours hasardeux/drôles sur l’amour/les mecs/le sexe ». En somme, l’existence de tout plein de jeunes gens, à quelques ajustements près (le terme « jeunesse dorée » ne me satisfaisant pas…). Rien de bien extravagant. Rien de très surprenant puisque nous avons à peu près tous des désirs du même ordre. La généralisation est abusive, certes, l’idée est simplement que les « pré-adultes » ont une vie qui suit généralement la même trame pour tous.

Et j’ai un peu l’impression que les Bobos cathos de la rue Madame sont simplement les mêmes « pré-adultes », mais qui ont procréés entre temps, et qui ont un meilleur job. Je conclurais vite, parce que je n’ai pas encore de développement construit, mais finalement, la plus grande des subversions n’est elle pas d’accepter de se ranger ?


2 commentaires:

  1. Franchement, j'ai pris plaisir à lire cet article, quoiqu'il donne un très bref aperçu de ta propre personnalité Peppermint :)

    RépondreSupprimer
  2. Un putain de grand plaisir de te lire à chaque fois...tu n'écris pas assez. Arrête le 6ème, les prénoms composés, les pub the Kooples et n'arrête pas d'écrire! NAN MAIS OH!

    RépondreSupprimer