mardi 16 août 2011

Jerusalem Syndrom


Jérusalem est un détail anachronique en Asie, un morceau d’occident au Moyen Orient, un peu coincé dans les années 60. Les immeubles se pètent la gueule, on dirait la Havane, ça d’une part, et dans d’autre partie de la ville, des ilots de luxe colonial, et puis des quartiers français et américain à la conviction religieuse variable. La ville est toute codée, si tu vis là, tu es de telle nationalité et de tel degrés de religion, on ne s’installe pas n’importe où. Le redécoupage de la ville étant en suspend, l’immobilier flambe dans les zones qui resteront avec certitude du côté Israélien, les palestiniens se cramponnent à leur logement dans ces quartiers, pour être sur de continuer à bénéficier de l’éducation, de la santé et de la sécurité à l’européenne. C’est une citée hésitante, entre tradition et modernité, où les kibboutz produisent des produits de technologie de pointe, mais dont le cœur bat pour les lieux saints : la plaine des mosquées, le kotel, le saint sépulcre.

Hier soir au Mur des lamentations, pour la fin du jeune de Charbeb, l’esplanade en contrebas remplie, la foule de plus en plus compacte en s’approchant du mur, des milliers de personnes, des prières griffonnées sur des morceau de papier glissé, entre les pierres, partout, une maman qui explique à sa petite fille juste à coté de moi, juste devant le mur, tout contre, que tout ce pour quoi tu prie se réalise, donc prie ma fille, demande au bon dieu pour ta famille, la santé et la réussite, ce sont les préoccupations majeures, surtout la santé. J’ai collé mes mains et mon front aux pierres et j’ai prié, pour arrêter d’être faible et de douter, pour la protection des miens, pour ne jamais devenir cynique et méfiante, et pour que mes proches trouvent leur voie. Ce sont des préoccupations futiles peut être. J’ai pensé à un ami, un sale con en fait (dans un lieu saint, un soir de deuil, je pense à un sale con, grandis bordel !), je me suis dit que là où l’eau bénite avait échoué, peut être que de lui jeté une poigné de terre sainte à la gueule réussirait à lui donner un peu de moralité, et puis finalement, étant peu mystique, que le geste serait juste marrant pour l’aspect théâtral, mais je ne l’ai pas fait, je n’ai pas ramené du terre du mur, ta chemise Hackett est sauve. Sale con.

Dans l’après midi, mes parents, mes frères et moi, nous nous sommes perdu en essayant de trouver le saint sépulcre. Certes les juifs n’ont pas le droit de pénétrer dans les lieux d’autres cultes, mais je reste assez convaincu que le tombeau du christ mérite d’avantage un statut dérogatoire que l’église de Quai en Chartreuse. Bref, 5 juifs errants dans le quartier chrétiens de la vielle ville, deux sœurs libanaises nous ont fait traverser par des chapelles en enfilades sous le niveau du sol, où priaient des prêtres Ethiopiens, scènes étranges, avant de ressortir sur la place devant le saint sépulcre. à l’intérieur, des croyants sont à plat ventre sur la pierre de la descente de croix, il y a un légère fumée partout à cause de l’encens, et une sorte de processions de plusieurs ordres. L’antenne de police du quartier se trouve à 25 mètres, les prêtres des différentes mouvances se battant à mort pour déterminer qui est « le vrai gardien ». En sortant, un homme assez vieux, gras, vêtu d’une robe blanche porte une croix en bois qui fait sa taille. C’est le Jerusalem Syndrom, celui qui pourrait faire que j’arrête de manger du porc, de consulter facebook shabat et d’avoir des goy friend. Certaines personnes viennent à Jérusalem et repartent changées par la dimension mystique de la ville, même moi je la sens, l’envie est là, sans parler d’un revirement brutale vers la pratique, vers le culte, mais de creuser cette identité. Je suis extrêmement fière de mon judaïsme, pour la richesse de la culture, le mode de raisonnement, la philosophie, tout en ayant l’impression de seulement affleurer toutes ces connaissances, d’où le désir d’approfondir, une étude en forme de recherche identitaire.


On écoute: Matisyahu - Jerusalem