lundi 16 avril 2012

Tutoyer son lecteur pour faire jeune.


Tu vois l’internaute, j’ai assez envie que ça soit l’été, pas pour bronzer ou partir en voyage, juste pour les nuits d’été, quand il fait trop chaud pour dormir, que tu regardes ton plafond en écoutant ton souffle, que tu as le temps de penser à l’encombrement général. Les nuits un peu froide, toute blottie dans une couette épaisse et douce ne sont pas propices aux moments de brassage de cerveau, parce qu’il est alors juste trop bon de dormir.

Un jour j’arrêterais de me demander quand est ce qu’on devient adulte, peut être le jour où je me réveillerais en me disant « damn, ça y est, je suis passé de l’autre coté, ça fait donc ça ? Que personne ne me parle avant mon 1er café ». C’est l’idée que je m’en fait, on en gardera une approche bien trop naïve pour l’instant, c’est plus marrant comme ça. D’illustrer le durcissement artériel, accompagné de son super copain « i’ve seen it all » par une addiction à la caféine, et de croire bravement que je vais me réveiller un jour et puis bam, et surtout en commençant ma première phrase mentale par « damn », réaliste.

Je me suis demandé devant un film beaucoup trop long ce matin, si en fait, atteindre l’âge adulte n’était pas une résignation plutôt qu’une ambition, n’existe t il pas un stade de peter pan sage ? Mon but se situerait plutôt par là. Parce que si la sagesse s’apparente à une aigreur générale, une sorte d’endroit à atteindre, si ça signifie qu’une fois ce check point passé, le chemin se calme, çà à l’air assez paisible effectivement, mais le réel état auquel parvenir serait plutôt, je crois, de devenir sage, très sage, en restant naïf. Naïf et très sage.

Pas certain que ça soit contradictoire. Qu’on s’entende l’internaute, il y a un adage populaire qui soutient que ce qui ne tue pas nous rend plus fort, et du haut de mes quelques années hors du cocon familial, le moment où il commence un peu à t’arriver des trucs, ce qui ne tue pas m’a juste rendue plus abimée, je crois, plus distante et méfiante, je m’émeus moins, et peu de choses me touchent réellement. Et si c’est ça la sagesse, je vous la rends. Je ne crois pas à ces torrents d’idées pour rassurer les vieillissants, sur le bonheur à 40ans grâce à a beauté de l’expérience. Le beau ne réside pas franchement non plus dans une poitrine juvénile toute frémissante, si haute qu’elle en fait mentir Newton, l’idée est de dire que cette distanciation machinale aux choses permet peut être de moins souffrir, parce qu’on prend les interactions, les évènements moins frontalement, mais ça veut aussi dire qu’on les prends moins forts, et dieu ce que c’est chiant ce tout aseptisé pour ne pas morfler. Je crois assez simplement qu’à défaut de se rendre vulnérable, et donc de potentiellement se casser les dents, on ne se laisse aucune chance de vivre les choses. C’est en ça que la sagesse de l’âge ne m’intéresse pas, n’essayez pas de me vendre qu’on comprend mieux les choses en les appréhendant avec du rationnel qu’avec de l’affect. Certaines sphères appartiennent à l’affect et doivent y rester, nécessairement. Reste à définir ses sphères, et les affiner afin de trouver ce qui y appartient, ça fait parti du vrai boulot. Que les mauvais choix, les mauvaises rencontres, les sales expériences et les plantages en général nous apprennent juste à décider plus intelligemment de ce à quoi se laisser être vulnérable, ce qui compte et ce qui mérite qu’on y travaille. Et le reste, et bien le reste, rien à foutre.

Etre un peter pan sage paraît ainsi être le vrai défi, la compilation de vécu foireux ne rend pas plus sage, cessons de nous en enorgueillir, ça fait juste paraître épuisé et triste. Soyons honnête, cette vision là de la maturité me fait assez peur, celle du jugement définitif, du conditionnement comme le rat de laboratoire qui a trop mordu dans le gruyère électrifié, je vais essayer de garder un peu d’intuitivité et de « foncer dans le tas », un peu, prendre des décisions avec son ventre. Je crois aux choses remuantes, qui sont d’autant plus rares qu’elles méritent qu’on se laisse atteindre et donc potentiellement blesser. L’idée n’est pas non plus de basculer dans l’excès inverse de la sur candeur et se jeter à corps perdu sur la moindre étincelle. Apprendre à flotter, c’est le vrai but et putain ce que c’est difficile.

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