jeudi 29 octobre 2015

Blogging like no one is reading


Il m’est arrivé un truc il y a quelques jours. Je dis truc pour insister sur le côté banal des évènements. Une jeune fille d’un format limité (ça c’est moi) et trois hommes (ça c’est eux) qui veulent se valoriser en faisant peur à Bambi (ça c’est encore moi). Déjà on va insister sur le courage de l’entreprise des « eux », de s’attaquer à une personne qui prend si peu de place en terme de cadastre. Ensuite, on ne va pas s’étendre, mais en gros ça va. Je n’en ai pas parlé pour avoir des câlins (même si…), juste pour dire que ça arrive tout le temps.

Ça va tant que je suis entourée ou occupée. Ça va tant qu’il y a du monde et de l’agitation, tant que j’ai une personne avec qui discuter et du travail intéressant à faire. Le problème c’est quand ça s’arrête, le bruit, le flot de la discussion, la présence. Quand je m’entends penser cinq minutes, c’est déjà plus compliqué. Hier après-midi en tailleur quelque part dans mon lit, un pyjama familier et des devoirs à faire (weeeeeeeeeh), je me suis entendue penser très fort et beaucoup trop longtemps. A des tas de trucs sans ordre : la peur, le corps, les portes, qui s’ouvrent, qui se ferment, les cauchemars récurrents de gens qui rentrent chez moi, le silence, ma porte, se cacher, dire qu’on a peur, dire qu’on a besoin d’aide, se convaincre que ça va aller. Et oui ça va aller.

Ça s’est assez vite calmé, il faisait jour, des amis sont venus, j’ai fini mes devoirs (weeeeeeeeeeh), on est sorti, il faisait froid, les gens parlaient, il y avait du bruit, c’était bien. Je suis rentrée, un film, écrire un peu, au lit, rideau et à demain. Et là le silence. Je me lève, je retourne vérifier que la porte est fermée, la porte est fermée, je la déverrouille, la reverrouille, la porte est fermée.

De retour dans mon lit, je lis des trucs sur des étudiants de Harvard qui courent sur des tapis en regardant la guerre en Irak sur Fox News. C’est un écrit par un mec de la promo de Marc Zuckerberg, et avant ça il avait écrit un super roman mal adapté au cinéma façon Gossip Girl. Et là, il raconte comment des gens qui courent sur place sur des machines perfectionnées font un étrange écho à la guerre du président Bush II. J’aime bien l’image et finis le livre. Je me lève, je retourne vérifier que la porte est fermée, la porte est fermée, je la déverrouille, la reverrouille, la porte est fermée.

Puis je gratte mon banjo, j’en suis à trois cours, c’est pas encore vraiment Johnny Cash mais ça me calme, l’objet me calme, le son me calme, je me dis que je ne connais aucun film où il arrive quelque chose de mal à quelqu’un en train de jouer du banjo. Il faut que je voie Délivrance. Je me lève, je retourne vérifier que la porte est fermée, la porte est fermée, je la déverrouille, la reverrouille, la porte est fermée.


Comme une comptine, comme un boucle. Je me lève, je retourne vérifier que la porte est fermée, la porte est fermée, je la déverrouille, la reverrouille, la porte est fermée. Ce soir ça va, la porte est fermée. Et maintenant je veux dormir.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire